Shein manquera à son audition : tensions à l’Assemblée nationale
Après plusieurs reports, le géant chinois de la fast fashion, Shein, devait être entendu par l’Assemblée nationale le 2 décembre. Toutefois, le 27 novembre, la présidente de la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire a été informée que l’entreprise ne se présenterait pas, invoquant des raisons juridiques. Shein a précisé qu’une audition ne serait envisageable qu’après le verdict du tribunal concernant une possible suspension de sa plateforme de vente en ligne.
Initialement, l’audience judiciaire était planifiée pour le 26 novembre, mais a été repoussée au 5 décembre à la demande des autorités. Ce report, selon Shein, nécessite une mise à jour de leur calendrier. En réponse, Sandrine Le Feur, présidente de la commission, a maintenu la convocation pour le 2 décembre, déclarant que « la procédure judiciaire ne devait pas interférer avec le droit des parlementaires à poser des questions essentielles sur les politiques publiques ».
Elle a également souligné que l’attitude de Shein trahit un manque de respect envers les autorités françaises, ajoutant que cela pourrait influencer la perception des consommateurs sur la fiabilité de cette plateforme. Sandrine Le Feur a néanmoins indiqué sa volonté de saisir le procureur de la République si Shein persistait à ignorer cette convocation.
Réserves face à l’engagement de Shein
Bien que l’entreprise, désormais domiciliée à Singapour, ait « réaffirmé » son intention de collaborer avec la commission, elle a déjà décliné une première invitation à se présenter le 18 novembre, en raison de l’échéance judiciaire de la semaine suivante. La commission a ensuite reprogrammé l’audition pour le 2 décembre, le jour même où avait lieu l’audience initiale.
Olivier Faure, président du Parti socialiste, a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, affirmant qu’il aurait eu de nombreuses questions à poser à Shein et dénonçant leur mépris pour les institutions parlementaires. Il a qualifié de « non acceptable » leur attitude et leur « impunité ».
Shein, comme d’autres acteurs de l’industrie de la mode, fait régulièrement face à des accusations de travail forcé lié à la communauté ouïghoure en Chine, selon plusieurs ONG. Lors de l’audience au tribunal judiciaire de Paris, l’État a formulé une demande de suspension du site pour une durée de trois mois, suite à la vente sur la plateforme de produits controversés, notamment des poupées à caractère sexuel et des armes de catégorie A.
Le 26 novembre, bien que le ministère public ait accepté la demande de renvoi, il a refusé de soutenir la fermeture du site Shein pendant trois mois. Le parquet a souligné que cette restriction pourrait être jugée excessive au regard des normes de la Cour européenne des droits de l’homme, sous réserve de preuves concernant l’arrêt de toute vente illégale lors de l’audience à venir.