Shein sous la loupe : enjeux en France et à l’échelle européenne

Suite au récent scandale impliquant la vente de poupées sexuelles à l’apparence juvénile et d’armes de catégorie A sur la plateforme Shein, des actions judiciaires ont été engagées par l’État français, qui demande une suspension temporaire du site pendant une période de trois mois. L’audience, initialement prévue pour le mercredi 25 novembre au tribunal judiciaire de Paris, a été reportée au 5 décembre à la demande de l’avocat de l’État, souhaitant du temps supplémentaire. Ce dernier s’est plaint d’avoir reçu les éléments de défense de Shein tardivement, seulement mardi soir. En réponse, l’entreprise a confirmé dans un communiqué à l’AFP sa prise en compte de ce report. Fondée en Chine en 2012, Shein a l’intention de présenter mercredi les systèmes de contrôle et les amélioration qu’elle a intégrés pour renforcer la sécurité et la conformité de ses opérations.

Appui au niveau européen

Julia Bombardier, avocate de Shein, a exprimé à la sortie de l’audience que cette situation était une « inversion totale » des attentes et a souligné que le renvoi dénote un certain inconfort du gouvernement concernant cette affaire. Le ministère public n’a pas contesté la demande de report, tout en précisant qu’il ne soutiendrait pas la requête d’interdiction d’accès au site formulée par l’État. Son confrère, Kami Haeri, a également précisé que la demande de suspension était, selon lui, « décalée », puisque les produits en question avaient d’ores et déjà été retirés de la vente après une enquête de la Répression des fraudes (DGCCRF) le 31 octobre.

À l’échelle européenne, la Commission européenne a émis des doutes sur les risques que présente Shein pour les consommateurs au sein de l’Union et a formulé une série d’exigences. Dans ce contexte, le gouvernement français a rapidement reconnu cette initiative de l’exécutif européen, qui pourrait éventuellement mener à une enquête, provoquant des sanctions potentielles pouvant atteindre 6 % des revenus mondiaux de Shein. Le Parlement européen, dans une résolution non contraignante adoptée simultanément, a également demandé d’accélérer le processus de suspension des plateformes d’e-commerce en cas de violations graves des législations de l’UE.

AliExpress et Joom sous surveillance

En outre, le gouvernement envisage d’utiliser la même procédure judiciaire contre deux autres plateformes, AliExpress et Joom, concernant la vente de « poupées pédopornographiques ». Cette annonce a été faite par le ministre du Commerce, Serge Papin, lors d’une intervention sur TF1. Selon son cabinet, cette démarche sera engagée « dans les jours à venir ». Mi-novembre, le ministre avait déjà informé la justice d’un signalement impliquant AliExpress, Joom, ainsi que d’autres plateformes comme eBay, Temu et Wish en lien avec des produits illégaux.

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