Du 10 au 13 novembre, Lisbonne accueillera le Web Summit, une rencontre majeure autour du numérique, placée sous le signe de l’intelligence artificielle, des robots et des véhicules autonomes. Cet événement, souvent surnommé le « Davos des geeks », se déroulera dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques et des préoccupations européennes concernant la souveraineté technologique. Plus de 70 000 participants, parmi lesquels 2 500 start-ups et 1 000 investisseurs, sont attendus dans la capitale portugaise.
Les leaders de l’IA prennent la parole
Alors que la bataille mondiale pour le contrôle de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle (IA) s’intensifie, Cristiano Amon, le patron de Qualcomm, fera une apparition remarquée. Son entreprise, spécialisée dans les processeurs pour smartphones, a récemment lancé de nouvelles puces conçues spécifiquement pour l’IA, rivalisant avec les géants américains AMD et Nvidia, qui font face à des restrictions d’exportation vers la Chine pour des raisons de sécurité.
Ce sommet mettra également en lumière de nombreuses figures éminentes du domaine, comme Brad Smith, président de Microsoft, et Joleen Liang, cofondatrice de la start-up chinoise Squirrel AI, qui utilise l’IA pour créer des méthodes d’apprentissage novatrices. Anton Osika, à la tête de la start-up suédoise Lovable, présentera son approche unique permettant à tous de concevoir un site sans compétences en programmation, grâce à l’IA générative. Ce concept, intitulé « vibe coding », a été couronné expression de l’année 2025 par le dictionnaire britannique Collins.
Une étude de la banque d’investissement Drake Star a révélé que l’intelligence artificielle a accaparé près de 30 % des investissements dans les technologies sportives au premier semestre de 2025. Sur le sol lisboète, les athlètes, dont les stars Maria Sharapova et Caroline Garcia, démontreront comment cette technologie peut optimiser les performances sportives. Dans le secteur de la santé, des dispositifs connectés tels que des bagues et des montres analyseront le sommeil et d’autres indicateurs vitaux pour faciliter la détection précoce de diverses maladies.
Robots et véhicules autonomes à l’honneur
Les robots seront également à l’ordre du jour, avec des interventions notables de Tye Brady, responsable technologique d’Amazon Robotics, ainsi que Robert Playter, directeur général de Boston Dynamics, reconnu pour ses robots quadrupèdes. Matthieu Masselin, directeur général de la start-up française Wandercraft, se penchera sur la conception d’exosquelettes pour les personnes à mobilité réduite. Les dirigeants d’Uber et de Lyft, Andrew Macdonald et David Risher, partageront leurs visions sur l’intégration des robotaxis dans les zones urbaines.
Face à la concurrence mondiale croissante, Uber a scellé un partenariat avec Nvidia pour autonomiser de nombreuses voitures à partir de 2027, tandis que Waymo, filiale d’Alphabet, prévoit de s’implanter à Londres en 2026. Les entreprises chinoises, comme Baidu et Pony.ai, annoncent également leur ambition d’investir le marché européen des véhicules autonomes.
En quête de souveraineté technologique
Henna Virkkunen, la commissaire européenne en charge du numérique, abordera la question cruciale de la souveraineté technologique européenne. Dans un contexte où les tensions commerciales avec les États-Unis se renforcent, des acteurs du secteur comme Maya Noël, directrice générale de l’association France Digitale, exprimeront leurs inquiétudes quant à la dépendance croissante vis-à-vis des géants américains. Elle plaidera pour des « alternatives européennes » afin d’éviter à nos entreprises de « subir les vagues technologiques ».
Alors que l’Union Européenne prévoit d’imposer des réglementations plus strictes aux plateformes américaines et chinoises, l’éditeur de jeux vidéo Roblox, très populaire auprès des jeunes, présentera ses nouvelles initiatives pour garantir la vérification de l’âge de ses utilisateurs.