Affaire Thomas Legrand et Patrick Cohen : La plainte contre L’Incorrect classée sans suite

Scandale médiatique : une vidéo compromettante divise le paysage politique

Au cœur des controverses de l’été 2025, une vidéo, captée à l’insu des journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen, a fait surface sur le site de L’Incorrect, un média lié à des associés de Marion Maréchal. Dans cet enregistrement, on aperçoit Patrick Cohen, voix bien connue de France Inter et France 5, ainsi que Thomas Legrand, chroniqueur à France Inter et ancien éditorialiste pour Libération, en conversation avec Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, et Luc Broussy, président du conseil national du parti. Un moment où Thomas Legrand déclare clairement : « Nous, on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick (Cohen) et moi ». Cette déclaration a été interprétée comme une tentative de discréditer la candidature de la ministre de la Culture à la mairie de Paris. Une situation qui a suscité de vives réactions sur des plateformes comme CNews, Europe 1 et le JDD, rendant la vidéo un élément central d’une confrontation avec France Télévisions et Radio France.

Les journalistes ont pris la décision de porter plainte pour enregistrement clandestin, accusant L’Incorrect d’avoir violé leur vie privée. Le parquet de Paris a ouvert une enquête sur des soupçons d’「 atteinte à l’intimité de la vie privée 」ainsi que de「 reproduction d’informations erronées susceptibles de troubler l’ordre public 」. Cependant, à la fin janvier, le parquet a décidé de classer l’affaire, affirmant que le secret des sources compliquait l’identification de l’auteur de cet enregistrement, qualifié d’illégal par les plaignants. Dans un communiqué transmis à l’AFP, Legrand et Cohen ont réagi à cette décision.

Poursuites judiciaires envisagées

Les deux journalistes ont exprimé leur intention de poursuivre leurs démarches judiciaires. « Le procureur nous a suggéré d’explorer d’autres voies légales afin de garantir que justice soit faite », ont-ils suivi. « Nous prouverons que nous avons été des cibles d’une manipulation malveillante, et que nos propos ont été déformés pour nuire à notre image et à celle du service public de l’audiovisuel, dans ce qui apparaît comme une opération non journalistique ».

Identité de l’auteur toujours inconnue

D’après une source proche de l’enquête, le parquet a informé les avocats des plaignants que les investigations n’ont pas réussi à identifier le responsable de la diffusion de cette vidéo en septembre. Cet événement a enflammé le débat sur une possible partialité de l’audiovisuel public, alors que les journalistes travaillent également pour Radio France et France Télévisions. Cette controverse a conduit à l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire, initiée par l’UDR d’Eric Ciotti, qui est en faveur d’une privatisation de l’audiovisuel public.

Les deux journalistes ont témoigné le 18 décembre devant cette commission, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une machination targeted pour les discréditer, tandis que le rapporteur de la commission a exprimé sa surprise face à leur absence d’excuses.

En parallèle, à la fin décembre, Thomas Legrand a également déposé une plainte suite à la fuite d’une autre conversation privée par Europe 1, dans laquelle il s’entretenait avec l’ancienne directrice de France Inter, Laurence Bloch. Une enquête est actuellement en cours sur cet incident.

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