Morandini : La Controverse S’intensifie au Sein du RN

Le 14 janvier, la Cour de cassation a confirmé la condamnation de l’animateur Jean-Marc Morandini pour des faits de corruption de mineurs. Ces incidents se sont déroulés entre 2009 et 2016, durant lesquels il a échangé des messages à caractère sexuel avec trois adolescents. Cette décision a suscité des réactions au sein du paysage politique, y compris au Rassemblement national (RN). Jordan Bardella, le président du parti, a donné l’instruction à ses membres de boycotter Morandini, selon des informations relayées le 26 janvier par son entourage et le magazine Le Point. Jusqu’alors, les élus du RN participaient régulièrement à son émission « Morandini Live ». À gauche, en revanche, aucun représentant n’avait été vu sur le plateau depuis un certain temps, à l’exception d’un élu des Républicains.

Suite à la décision judiciaire, CNews a annoncé maintenir à l’antenne Jean-Marc Morandini, déclarant qu’il « continue sa lutte pour la justice » avec l’intention de faire appel devant la Cour européenne des droits de l’Homme. Gérald-Brice Viret, directeur général de Canal+ France, a précisé qu’« il reste à l’antenne et le restera ». À noter que CNews, la première chaîne d’information continue en France en termes d’audience, fait partie du groupe Canal+, propriété du milliardaire Vincent Bolloré. Pour l’instant, la chaîne n’a pas réagi aux dernières évolutions.

Les animateurs de CNews prennent leurs distances

Jean-Marc Morandini réussit à attirer en moyenne 400 000 téléspectateurs cette saison avec son émission. Cependant, il ne bénéficie pas du soutien des figures emblématiques de la chaîne.

Le 20 janvier, Sonia Mabrouk a été la première à se distancier. Lors d’un échange avec le député socialiste Jérôme Guedj, elle a dit : « C’est une décision qui ne m’appartient pas ». Elle a reconnu être troublée par cette situation, affirmant : « Votre question est légitime, je n’en dors pas depuis plusieurs jours », tout en respectant son équipe dirigeante.

Le 24 janvier, Pascal Praud, autre visage phare de CNews, a exprimé son soutien à Mabrouk en soulignant : « Elle a trouvé les mots justes. J’aurais pu prononcer quasiment les mêmes paroles ». Il a également rappelé son engagement contre les violences sexuelles en santé alors qu’il pense « évidemment aux victimes ».

Le lendemain, Laurence Ferrari a également pris la parole dans Le Parisien, indiquant : « Je me sens interpellée par ce que nous vivons à CNews ». Elle a affirmé son soutien contre les violences sexuelles tout en précisant qu’elle se sentait « loyalement engagée professionnellement envers cette chaîne ».

Impact sur l’image de la chaîne ?

Aucun de ces journalistes n’a demandé le départ de Morandini, bien que des voix au sein de CNews s’élèvent pour son retrait. Le syndicat « Libres de Canal » a appelé à son « départ sans indemnité », rappelant un engagement pris en 2016 en cas de condamnation. Ce syndicat a mis en avant une « atteinte » à l’« image » de Canal+ et l’« impact sur la fierté des collaborateurs ».

Jean-Marc Morandini enregistre actuellement son émission dans les bureaux de CNews et d’Europe 1 à Paris, et il n’est « pas au même étage » que les jeunes stagiaires, a rassuré le directeur général de Canal+ France.

Il convient de rappeler qu’en 2016, la rédaction avait cessé d’émettre pendant un mois pour protester contre l’arrivée de Morandini, alors sous le coup d’une mise en examen pour « corruption de mineurs » après son éviction d’Europe 1.

Condamnation pour harcèlement sexuel

En janvier 2025, Jean-Marc Morandini a également été reconnu coupable de harcèlement sexuel à l’égard d’un jeune comédien, écopant d’une peine de 18 mois de prison avec sursis. Dans cette affaire, il était accusé d’avoir incité des comédiens âgés de 19 à 26 ans à se dénuder lors des auditions pour une web-série dont il était le producteur. Suite à cela, il a renoncé à son pourvoi en cassation, rendant la condamnation définitive, comme l’a rapporté l’AFP.

Laisser un commentaire