Une récente étude menée par Ipsos pour Deezer a révélé que 97 % des Français testés ne parviennent pas à distinguer une musique créée par une intelligence artificielle (IA) d’une œuvre réalisée par un humain. Ce sondage, réalisé dans huit pays auprès de 9 000 participants, illustre une tendance similaire à celle observée dans d’autres nations. De plus, 70 % des personnes interrogées estiment que l’intégration de l’IA dans le processus créatif des artistes pourrait nuire à l’originalité musicale, un chiffre supérieur à la moyenne mondiale de 6 points. Par ailleurs, 56 % des Français redoutent que l’IA ne produise des compositions de qualité inférieure, ajoutant une tonalité générique à ce que l’on trouve sur les plateformes de streaming, une augmentation de 5 points par rapport à la moyenne globale. Cependant, une lueur d’optimisme persiste, avec 42 % des sondés pensant que l’intelligence artificielle pourrait les aider à découvrir davantage de morceaux qui leur plaisent et à stimuler l’émergence de nouveaux genres musicaux.
Une demande de transparence accrue
Les résultats de l’enquête soulignent également le désir des Français pour une identification claire des musiques débarquant des algorithmes, avec 87 % des personnes s’accordant à dire que les titres entièrement créés par l’IA devraient être étiquetés comme tels, soit une augmentation de 7 points par rapport à la moyenne mondiale. De plus, 67 % des participants souhaitent être informés si leur service de streaming leur recommande des créations issues de systèmes d’IA, une demande qui a diminué de 6 points par rapport aux autres pays. Enfin, 60 % des répondants estiment que les morceaux purement générés par l’IA ne devraient pas figurer dans les classements musicaux aux côtés des œuvres humaines, une augmentation de 8 points par rapport à la moyenne mondiale.
Des volumes impressionnants de musique générée par l’IA
L’étude révèle également un soutien fort pour un étiquetage clair des morceaux entièrement issus de l’IA et souligne la nécessité d’assurer une rémunération juste pour les artistes dont les œuvres alimentent ces modèles d’intelligence artificielle. Deezer, une plateforme de streaming française, signale qu’environ 34 % des titres diffusés sur ses services, soit près de 40 000 morceaux par jour, sont entièrement composés par l’IA.
Cette plateforme se targue d’adopter une approche « unique » dans le milieu musical, ayant commencé en juin à détecter et à identifier clairement les contenus générés par l’IA, tout en protégeant les droits des artistes et en assurant la transparence envers les auditeurs. Selon Alexis Lanternier, PDG de Deezer, « Deezer a pris les devants en mettant en place des solutions garantissant la transparence et en réduisant l’impact négatif des contenus créés uniquement par l’IA. Les résultats de cette étude soulignent l’intérêt des gens pour la musique et leur désir de savoir s’ils écoutent une œuvre humaine ou générée par une machine. »
Des outils de détection innovants
Deezer a développé un outil capable de détecter la musique entièrement produite par des modèles génératifs tels que Suno et Udio, une start-up qui s’associe avec Universal Music pour créer une plateforme d’IA musicale d’ici 2026. Cet outil pourrait également s’étendre à d’autres technologies si des données appropriées sont disponibles. Deezer ambitionne de concevoir un système généralisable capable de repérer toute création générée par IA, même sans données d’entraînement spécifiques.
À noter qu’un jugement, attendu le 11 novembre, devait trancher sur un litige entre Gema, une société de gestion allemande, et OpenAI, concernant la possibilité pour des IA de collecter des œuvres musicales sans verser de droits d’auteur aux créateurs concernés. Un verdict favorable aux artistes était anticipé.