Canal + Renforce ses Investissements Cinéma pour 2023

Le 7 novembre, lors des Rencontres cinématographiques de l’ARP, Maxime Saada a clairement exprimé sa volonté d’augmenter les investissements dans le cinéma français. Le président du directoire de Canal + a révélé que son groupe avait consacré 226 millions d’euros à la production de films français en 2024, dépassant ainsi l’obligation minimale de 220 millions. Cependant, il a aussi précisé qu’en 2025, il serait « contraint de décliner certains projets », ayant atteint le plafond de 150 millions d’euros prévu dans le cadre de son nouvel accord avec les professionnels, qui stipule 160 millions en 2026 et 170 millions en 2027. Il a ajouté : « Mon but est de dépasser cette augmentation automatique, si les circonstances le permettent ».

Maxime Saada a également annoncé qu’il avait finalisé l’achat de 34 % d’UGC, marquant la première étape d’un investissement qui vise à acquérir à terme l’exploitant de salles. Il a précisé que cette opération dépendait de l’approbation des autorités de la concurrence, tout en réitérant que son groupe continuerait à collaborer avec 129 sociétés indépendantes. « Les idées selon lesquelles Canal + privilégierait uniquement ses propres productions [de Studio Canal] sont infondées », a-t-il affirmé.

De plus, il a exprimé son soutien pour des mesures de protection visant à préserver le patrimoine de Studio Canal, tout en avertissant qu’il est « envisageable que le catalogue de Fédération se transforme en entité américaine ». En opposition à toute interprétation politique de sa société, il a insisté : « Je ne perçois que des personnes influencées par des convictions politiques. Chez Canal, nous avons une approche neutre. Si nous avions un parti pris, la chaîne périrait. »

Investissements des plateformes dans le cinéma

Lors des Rencontres de l’ARP, Martin Ajdari, président de l’Arcom, a présenté les chiffres concernant les investissements réalisés par les diffuseurs et les plateformes (SMAD, ou services de médias audiovisuels) dans la production audiovisuelle et cinématographique pour 2025. Au total, les obligations d’investissement atteignent 1,61 milliard d’euros, affichant une légère hausse de 1,5 % par rapport à l’année précédente. Les chaînes de télévision traditionnelles représentent les trois quarts de ces financements, bien qu’une baisse soit observée, tandis que les plateformes ont investi 397 millions d’euros, soit une augmentation de 18 % (dont 374 millions pour les SMAD étrangers).

En ce qui concerne le seul secteur cinématographique, le budget s’élève à 443 millions d’euros pour 2024, en augmentation de 2,8 %. Les diffuseurs linéaires maintiennent une stabilité à 363 millions d’euros, alors que les SMAD étrangers sont passés de 71 à 80 millions d’euros (+13 %). « Cela démontre le succès de l’intégration des acteurs étrangers au sein de l’écosystème français », a déclaré Martin Ajdari.

Le président de l’Arcom a réclamé une mise à jour des règles européennes en vue d’une révision de la directive SMA. « Il est impératif d’harmoniser les réglementations relatives à la protection du public et à l’accès à la publicité afin d’assurer une concurrence équitable entre les éditeurs traditionnels et les nouveaux acteurs qui prennent une part de plus en plus importante du marché publicitaire, fragilisant ainsi le financement de notre exception culturelle », a-t-il conclu.

Préparer l’avenir

Enfin, Stéphane Sitbon-Gomez, directeur des antennes et des programmes de France Télévisions, le deuxième contributeur au financement du cinéma français, a expliqué qu’après « 200 millions d’euros d’économies exigées par les gouvernements en dix-huit mois », deux scénarios s’offraient à lui : « passer l’hiver », en maintenant sa collaboration avec le cinéma tout en réduisant de 5 millions d’euros ses dépenses, ou envisager une privatisation progressive si les soutiens publics venaient à disparaître, ce qui entraînerait des économies supplémentaires pour son groupe.

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