Un événement judiciaire marquant est prévu pour un vendredi 13, lorsque le tribunal devra se prononcer sur le sort des actifs de Brandt, autrefois un pilier de l’électroménager français. Suite à sa liquidation, il est crucial de régler les créances en suspens. Quelques élus locaux continuent d’entretenir l’espoir d’une relance industrielle, bien que cette perspective semble peu réaliste.
Quatre mois après cette liquidation, le tribunal des affaires économiques à Nanterre examinera les 36 offres reçues pour la reprise des actifs de ce groupe mythique, qui englobait les marques Brandt, Vedette, Sauter et De Dietrich. La majorité des propositions se concentre sur l’acquisition de stocks et de pièces détachées.
« Les liquidateurs cherchent avant tout à couvrir les créances. Nous ne sommes plus dans l’optique d’un redressement judiciaire, comme c’était le cas en décembre, lorsque l’objectif était d’éviter la faillite de Brandt », a précisé une source anonyme impliquée dans le dossier. Les créances s’élèveraient à environ 200 millions d’euros, et un « découpage » des actifs entre plusieurs offres n’est pas exclu.
Repreneurs potentiels en lice
Parmi les candidats, le groupe Fnac-Darty a fait une proposition de rachat des marques pour 2,9 millions d’euros, incluant un stock de plus de 172 000 produits, tels que des hottes et du matériel électroménager. D’autres entreprises, comme le déstockeur Noz, avec ses 350 points de vente en France, envisagent uniquement l’achat de stock et ont offert 4,5 millions d’euros pour cela.
Cafom, qui distribue des équipements pour la maison dans les territoires d’outre-mer, notamment à travers des enseignes comme But ou Darty, fait la plus grande offre à ce jour : environ 31 millions d’euros, englobant la reprise des marques Brandt, De Dietrich, Sauter et Vedette, ainsi que les stocks et pièces détachées.
Un mince espoir de relance industrielle
Cependant, peu d’offres incluent la réintégration d’anciens employés parmi les quelque 700 personnes ayant travaillé pour le groupe. L’offre provenant de la région Centre-Val de Loire et de la métropole d’Orléans semble se démarquer par son objectif de revitaliser l’industrie locale tout en préservant ces « marques emblématiques ». En collaboration avec la société néo-calédonienne Gladius, qui est active dans le secteur de l’électroménager depuis 2024, cette proposition vise non seulement à reprendre tous les actifs mais aussi à garantir un service après-vente « impeccable » dès le départ.
À terme, l’intention serait de relancer l’activité du principal site industriel situé près d’Orléans, employant auparavant 350 personnes et produisant des fours ainsi que des plaques de cuisson, sans toutefois avancer de chiffres précis concernant les emplois à créer. Les collectivités concernées n’ont pas divulgué le montant de leur soutien, mais des sources indiquent que l’offre finale pourrait tourner autour de 40 millions d’euros.
Une proposition similaire a été formulée par Stéphan Français, via Metavisio-Thomson Computing, cherchant à amalgamer l’activité historique de Brandt sur son site d’Orléans avec celle de produits électroniques. Ce projet, jugé « précaire » par un initié, ambitionne de constituer une équipe de 150 salariés d’ici 2026. Ces rares offres ont été qualifiées de « signal positif » par le ministre délégué à l’Industrie, Sébastien Martin.
Il reviendra désormais à la justice de « jauger la solidité de ces projets, et j’espère qu’elle favorisera celui qui est le plus fiable d’un point de vue industriel », a-t-il ajouté, espérant que la solution retenue permettra aux salariés licenciés de retrouver un emploi au sein d’un nouvel élan pour Brandt. Toutefois, nombreux sont ceux qui doutent de cette issue : 240 anciens employés participeront à un événement de job-dating à Orléans le 11 mars, visant à orienter leur reconversion professionnelle.