Le mardi 24 février, après la présence de Hugo Clément devant la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public pour répondre à des questions sur sa « responsabilité » dans la crise des œufs en France, c’est au tour du producteur Stéphane Courbit d’être auditionné le mercredi 25 février. Celui-ci était accompagné de plusieurs figures importantes de Banijay Group, dont Alexia Laroche-Joubert, actuelle PDG de Banijay France. Cette séance s’est concentrée sur le salaire de Nagui, célèbre animateur de France Télévisions.
Stéphane Courbit, à la tête de Banijay Group, a acquis en 2008 Air Productions, la société de Nagui. Il a déclaré que les animateurs de télévision est un secteur où les compétences sont rares, justifiant ainsi des rémunérations élevées comparées à d’autres métiers en France. Il a déclaré : « C’est semblable à ce que l’on observe dans le football, où les talents sont également très bien rémunérés en raison de leurs compétences uniques. »
Le fondateur de Banijay a également souligné que Nagui, tout comme Cyril Hanouna qu’il a mentionné, n’est pas particulièrement inquiet pour son avenir. En effet, ces animateurs peuvent facilement trouver de nouveaux acheteurs pour leurs productions. De plus, leurs chaînes bénéficient de « clauses d’audience » qui leur permettent d’annuler des contrats si les chiffres d’audience sont décevants.
« Ma décision concernant son salaire reste privée »
Bien que Nagui soit toujours associé à France Télé, Alexia Laroche-Joubert a précisé : « C’est nous qui le rémunérons, pas le service public. En ce sens, c’est à moi de décider s’il est surpayé ou sous-payé. » Cette déclaration a été faite en réponse aux interrogations du député UDR Charles Alloncle. Elle a également observé qu’il est normal que Nagui ne partage pas les détails de son contrat avec Banijay.
Au fil des mois, Charles Alloncle a critiqué Nagui, l’accusant d’être, selon lui, la personne ayant le plus profité des fonds publics en France au cours de la dernière décennie, parlant de « centaines de millions d’euros ». L’animateur a réagi en accusant le député d’insinuer des propos racistes et a menacé d’intenter une action en justice.
En 2020, un rapport de Mediapart a mis en lumière un contrat monumental de 100 millions d’euros entre France Télé et Air Productions, portant sur plusieurs émissions sur une période de trois ans, incluant le jeu de société quotidien « N’oubliez pas les paroles » et le programme musical « Taratata ». D’ailleurs, « N’oubliez pas les paroles » est l’une des rares émissions, avec Télématin, à générer plus de revenus publicitaires qu’elle ne coûte à France Télévisions, représentant ainsi environ 10 % des revenus publicitaires du groupe, selon Alexia Laroche-Joubert.
Il est intéressant de noter que France Télé ne représente qu’1 % du chiffre d’affaires total de Banijay Group, tout en constituant 30 % des revenus en France. François Riahi, directeur général du groupe, a souligné que « nous ne sommes pas dépendants » du service public, ajoutant que plus de 80 % des actionnaires de Banijay sont français.
Stéphane Courbit a également affirmé que sa société gagne décemment sa vie grâce au service public, tout en précisant qu’il n’y a pas de différence significative par rapport aux chaînes privées en termes de rémunération.
Sa société est également à l’origine de programmes emblématiques tels que Fort Boyard diffusé sur France Télé et Koh-Lanta pour TF1, et elle a Vivendi parmi ses actionnaires, groupe dirigé par le milliardaire Vincent Bolloré, qui pourrait également être convoqué par la commission d’enquête.