En avril 2025, Nicolas de Tavernost, l’ancien dirigeant de M6, a été nommé à la tête de LFP Media dans une démarche de sauvetage. Il a récemment cru avoir frappé un grand coup en obtenant l’accord de la FIFA pour diffuser l’ensemble des matchs de la Coupe du Monde aux États-Unis cet été. Cependant, l’échec des négociations a précipité son départ, comme il l’a révélé au Monde. La FIFA a ainsi accordé, le 11 février dernier, les droits du Mondial 2026 à BeIN Sports.
Lors d’un conseil d’administration urgent convoqué à la suite de ce revers, Nicolas de Tavernost a rapidement désigné le Paris SG comme l’un des principaux responsables. Nasser Al-Khelaifi, président du club de la capitale et membre du CA de la LFP, est également à la tête de beIN Media Group, qui a réussi à s’emparer des droits du Mondial-2026 au détriment de Ligue 1+. Étonnamment absent lors de cette réunion, Al-Khelaifi était représenté par son directeur général, Victoriano Melero.
Nicolas de Tavernost, qui avait exigé l’unité des clubs comme condition essentielle avant son arrivée à LFP Media, a lancé un ultimatum : « Il vous faut trouver un autre dirigeant » en l’absence de consensus, « ou bien vous devez résoudre vos différends ». Il continuera à occuper son poste jusqu’à ce qu’un remplaçant soit désigné et participera à une prochaine réunion du conseil le 13 février, où des stratégies pour réagir à la décision de la FIFA seront discutées.
Une situation inattendue
Avant les événements de mercredi, LFP Media, la branche commerciale de la LFP, était convaincue de frapper un grand coup en scellant un contrat de près de 20 millions d’euros avec la FIFA, estimant que la ratification par l’instance mondiale n’était qu’une simple formalité.
C’est en fait la Fédération internationale qui aurait sollicité Ligue 1+ pour formuler une offre. Cette approche a visiblement agacé BeIN Sports, habituée à finaliser ses acquisitions à la dernière minute, et qui n’avait pas anticipé cette offensive de la Ligue, avec laquelle elle entretient des relations complexes depuis des années.
Un coup sévère pour la Ligue
Dans un message interne adressé aux employés de la chaîne franco-qatarienne, dont une copie a été obtenue par l’AFP, Yousef Al-Obaidly, président de BeIN Sports France, a critiqué « la pression médiatique cynique exercée par un diffuseur rival » sur ce processus. Il a ajouté : « Ce n’est pas ainsi que BeIN fonctionne ».
Al-Obaidly a souligné que « le processus d’attribution des droits de la Coupe du Monde met en lumière le meilleur de BeIN, malgré certaines campagnes menées contre nous. Nous avons respecté les voies de la FIFA et avons su faire preuve de patience et de détermination », a-t-il souligné.
Le départ de Nicolas de Tavernost constitue un coup d’une grande ampleur pour la Ligue et le football français, qui peinent à surmonter divers échecs liés aux droits télévisuels de la Ligue 1. Nommé il y a neuf mois pour redresser la situation, Nicolas de Tavernost, qui avait conditionné sa nomination à l’unité des clubs, avait d’abord réussi à rassembler autour de lui.
Il a résolu un litige avec DAZN, ancien diffuseur principal de la Ligue 1, qui réclamait 573 millions d’euros à la LFP pour « manquement observé » et « tromperie sur la marchandise ». De plus, en l’absence d’autres candidats pour la diffusion du championnat, il a lancé Ligue 1+, une plateforme visant à réduire la dépendance vis-à-vis des diffuseurs traditionnels, avec lesquels les relations étaient tendues. Cette plateforme a connu un démarrage prometteur, atteignant rapidement plus d’un million d’abonnés avant de stagner ces derniers mois.
La diffusion des matchs de la Coupe du Monde devait renforcer Ligue 1+, devenue une rivale pour BeIN et Canal+, qui entretiennent des relations froides avec la LFP suite à leur statut de diffuseurs principaux. Toutefois, cet épisode a mis en lumière l’incapacité du PSG et de son président, Nasser Al-Khelaifi, à s’accorder sur une position commune avec les autres clubs de Ligue 1, qui considèrent le succès de Ligue 1+ comme essentiel.