Influenceurs à Dubaï : entre luxe et réalité troublante
Initialement attirés par le calme et le raffinement de Dubaï, de nombreux influenceurs se retrouvent maintenant témoin, bien malgré eux, des tensions géopolitiques qui secouent la région. Depuis le 28 février à l’aube, les réseaux sociaux se remplissent de vidéos montrant des nuages de fumée s’élevant au-dessus des gratte-ciels, provoquant l’incrédulité parmi les expatriés présents sur place.
« Oh mon Dieu ! », ne cesse de répéter Hofit Golan, influenceuse israélienne, dans l’une de ses vidéos, alors qu’elle montre un bâtiment en flammes tout près de son logement. Will Bailey, un Britannique, partage en temps réel des images des traînées laissées par des missiles dans le ciel serein de Dubaï. « J’étais à quelques mètres », révèle-t-il, alors qu’il filme depuis les environs de l’hôtel Fermont touché par une frappe.
De leur côté, certains influenceurs, comme la Française Maeva Ghennam, expriment une angoisse palpable. Brandissant son passeport, elle confie avoir « crié comme une hystérique » face à la violence des événements. « La France, protège-nous ! », implore cette figure de la télé-réalité réputée pour « Les Marseillais ». Les réactions des internautes varient, certains n’hésitant pas à tourner en dérision cette « éloignement total » de ces influenceurs apparemment hors du commun face à la dure réalité du Moyen-Orient.
Une prise de conscience nécessaire
Selon la journaliste Emma Férey, ce moment constitue un « retour brutal à la réalité » pour les personnalités influentes se trouvant à Dubaï. Dans son livre « Emirage », publié en 2024 et consacré à l’univers des influenceurs, elle décrit un milieu souvent déconnecté, où la superficialité est reine. « La bulle commence à craquer », affirme-t-elle, signalant un changement inévitable à l’horizon.
Consignes de sécurité renforcées
Dans une déclaration récente, l’ambassade de France aux Émirats a souligné l’impossibilité de quitter le pays, l’espace aérien étant désormais verrouillé. Elle appelle tous les ressortissants à « respecter scrupuleusement les mesures de sécurité : rester chez soi, éviter les fenêtres et les zones ouvertes ».
Dubaï, qui attire de plus en plus d’influenceurs et entrepreneurs grâce à ses avantages fiscaux et son cadre de vie luxueux, abrite près de 4 millions d’habitants, dont une majorité d’expatriés. L’aéroport de la ville figure parmi les plus fréquentés au monde, renforçant ainsi son statut de plaque tournante internationale.
Une atmosphère d’incertitude
Dans une vidéo enregistrée sur une plage où des baigneurs profitent du soleil, Deepti Mallik, consultante en immobilier, tente d’apaiser les craintes : « Il n’y a pas de raison de s’angoisser. Le pays est bien préparé pour faire face à une telle situation ». Pourtant, selon Emma Férey, une certaine appréhension se fait sentir chez les influenceurs, qui redoutent que traiter de questions politiques ou géopolitiques entraîne un désengagement de la part de leurs abonnés, voire des réactions hostiles.
Elle ajoute que les créateurs de contenu, souvent liés par des contrats, se voient contraints de maintenir leur rythme de publications. « Même pour une promotion de shampooing, le contenu doit être diffusé. Cette discordance peut sembler choquante alors que le monde est en crise », souligne-t-elle. Benjamin Samat, un Français influent à Dubaï, a également dénoncé ceux qui se réjouissent des souffrances liées à ces événements, affirmant ne souhaiter à quiconque d’être réveillé par des frappes au-dessus de leur tête.