Une récente analyse révèle des tendances intéressantes quant à la couverture des enjeux environnementaux par la presse française. En 2025, un total de 100 % des titres de la presse quotidienne nationale ainsi que 61 % de la presse régionale, à l’exception notable de Ouest-France et du Dauphiné Libéré, ont été étudiés. Cette recherche inclut également 7 magazines d’information et l’AFP. Parmi les résultats, il apparaît que seulement 6 % des articles traités ont abordé des thématiques liées à l’environnement, telles que le changement climatique, l’érosion de la biodiversité et la pénurie des ressources. Le chiffre monte à 8,1 % pour la presse nationale (journaux et magazines), tandis qu’il atteint 4,6 % pour la presse quotidienne régionale. En ce qui concerne les médias audiovisuels, la moyenne se situe à 5 %. Dans ce contexte, les journaux écrits traitent davantage ces questions au quotidien, sans être autant influencés par les événements d’actualité brûlants, comme les vagues de chaleur ou les inondations, contrairement à leurs homologues audiovisuels.
La Relation avec l’Urgence Climatique
Lors d’événements climatiques extrêmes, comme une canicule ou une inondation, la plupart des principaux quotidiens nationaux (Le Monde, La Croix, L’Humanité, Le Nouvel Observateur, etc.) établissent un lien avec le changement climatique dans environ 50 % des articles. Ce ratio tombe à 20 % pour la presse régionale, avec de notable variations entre les titres. En ce qui concerne les raisons du réchauffement climatique, les quotidiens nationaux en mentionnent plus de 30 %, alors que la presse régionale ne dépasse pas les 15 %.
En analysant la couverture médiatique de la canicule de juin-juillet 2025, il est clair que la presse régionale a produit un volume d’articles considérablement plus important dans les régions fortement touchées — jusqu’à 11 fois plus en Occitanie par rapport à la Bourgogne-Franche-Comté. Pourtant, la mention des conséquences liées au changement climatique reste limitée, car seulement 7 % des articles sur la canicule évoquent ces constatations, un chiffre quatre fois inférieur à celui observé dans la presse nationale. De même, le traitement des causes et des solutions vacances fait état de faibles pourcentages par rapport à la couverture nationale.
La couverture médiatique de la COP 30 fait ressortir des disparités éditoriales notables, tant concernant les médias nationaux — par exemple, Libération ayant publié 20 fois plus d’articles sur l’événement que le JDD — que parmi les titres régionaux, où les Hauts-de-France bénéficient d’une couverture 24 fois plus importante que la Bourgogne.
L’Environnement à la Une
Les titres Le Monde, La Croix, et Les Échos se démarquent quant à la fréquence de mise en avant des questions environnementales, avec une représentation supérieure à 50 % dans leurs Unes. En revanche, des publications telles que Le Point, M Magazine, et Le Figaro Magazine leur accordent très peu de visibilité, avec une proportion de moins de 10 % d’articles consacrés à l’environnement. Ces chiffres mettent en lumière une inégalité dans la hiérarchisation de l’information, qui peut aussi être influencée par le format des Unes, qu’il s’agisse de styles berlinois ou tabloïd.
Concernant les discussions autour du « grand plan climatisation », la presse nationale a alloué 21 % de ses articles sur la canicule au sujet de la climatisation elle-même, tandis que ce chiffre tombe à 10 % pour la presse locale. Il est à noter qu’à ce moment, un pic de désinformation climatique a eu lieu, avec des idées telles que « la climatisation est sans impact négatif face à la crise climatique ». De plus, un vocabulaire péjoratif autour des questions écologiques, tel que « khmer vert » ou « écologie punitive », tend à se manifester en phase avec des initiatives environnementales publiques et certains contextes géopolitiques, comme le discours de Donald Trump, selon les observations fournies par l’Observatoire.