Le 21 novembre, les représentants de l’État ont plaidé pour la dissolution du « monopole de Google » dans le secteur de la publicité en ligne. Cette demande a été formulée durant le procès portant sur les outils publicitaires du géant technologique, qui sont utilisés par les éditeurs de sites pour commercialiser leurs espaces publicitaires. Le département de la Justice, accompagné de plusieurs États américains, accuse Google de manipuler le marché, agissant de manière « illégale et en constante évolution depuis plus d’une décennie ».
Les autorités soutiennent que le géant du web contrôle des éléments cruciaux de ce marché, notamment les plateformes où les sites peuvent vendre leurs espaces publicitaires et les systèmes de transaction, renforçant ainsi son emprise sur une part conséquente de la demande publicitaire. Le jugement du tribunal est attendu dans les mois à venir.
D’après des documents internes, Google se considère comparable à des institutions financières comme Goldman Sachs et Citibank, qui détiennent Wall Street. « Pour résoudre ce problème, nous pensons que démanteler le monopole de Google est la solution la plus efficace, car cela engendrerait un nouvel acteur sur le marché », a commenté Gail Slater, la procureure adjointe en charge de l’affaire, sur le réseau social X.
Démantèlement : une solution radicale
Pour sa part, Google dénonce cette proposition comme un abus de pouvoir gouvernemental, qui pourrait perturber l’équilibre du marché. Le géant fait valoir que ses outils favorisent l’efficacité et l’innovation, et que séparer ses différentes activités est techniquement irréaliste.
Laurel Kilgour, analyste au sein de l’American Economic Liberties Project, a rapporté que le juge a émis des réserves quant à la possibilité d’un appel pouvant renverser sa décision dans plusieurs années. Cette audience fait suite à une dernière décision d’un juge fédéral qui avait conclu que Google avait délibérément mis en place les conditions d’un monopole sur ses outils publicitaires.
Il est maintenant essentiel d’identifier les solutions les plus appropriées pour résoudre cette situation, le démantèlement étant considéré comme la mesure la plus radicale.
Ceci représente le deuxième procès antitrust contre Google cette année. En septembre, un juge avait déjà rejeté une requête similaire du ministère de la Justice, cette fois concernant le secteur de la recherche sur Internet, dont le gouvernement souhaitait qu’il soit dissocié du reste du groupe.
Ces procédures s’inscrivent dans une stratégie gouvernementale plus large visant à réintroduire la concurrence dans le milieu numérique, qui n’a pas encore porté ses fruits significatifs.