«Magali Berdah : Son Combat Contre le Cyberharcèlement»

Impact dévastateur du cyberharcèlement: Magali Berdah, influente agente dans le domaine des réseaux sociaux, décrit la spirale infernale du cyberharcèlement qui a détruit sa vie, suite à sa plainte contre Booba, entraînant des poursuites judiciaires. Elle souligne que le harcèlement en ligne constitue une « réelle mise à mort », évoquant une pression constante qui annihile progressivement sa vitalité. « C’est comme être frappé par un lourd marteau chaque jour. […] Cela vous ronge lentement, et vous avez du mal à respirer. Cette violence, bien qu’invisible, est dévastatrice ».

La croisade de Booba contre les influenceurs

En pleine interview avec l’AFP, Magali Berdah reçoit un appel d’un numéro masqué. « Sale pute ! Tu m’entends ? Sale pute ! », hurle la voix au téléphone avant qu’elle ne raccroche. « Je reçois des menaces anonymes en continu. J’ai appris à vivre avec ça, mais ce n’est pas acceptable », déplore-t-elle, ajoutant que ce genre d’insulte est devenu presque courant depuis que Booba a lancé ses attaques.

Selon les autorités parisiennes, les agressions, attribuées au rappeur, ont débuté en mai 2022 et se poursuivent encore aujourd’hui. Booba, de son vrai nom Élie Yaffa, a initié une vaste campagne contre les influenceurs, qu’il accuse de pratiques commerciales douteuses, soutenu par ses « pirates », une communauté qui propulse ses propos et attaque ses cibles.

Parmi celles-ci, Magali Berdah, fondatrice de Shauna Events et suivie par près de 1,8 million de personnes sur Instagram, est fortement visée. Bien qu’il rejette l’idée de harcèlement, le rappeur se positionne plutôt en tant que « lanceur d’alerte ». Néanmoins, le parquet a relevé dans ses réquisitions une intention manifeste de nuire à Berdah : critiques sur son apparence, attaques concernant ses croyances, ainsi que comparaisons dégradantes. « Le cyberharcèlement dépasse le virtuel. Il pénètre chaque aspect de votre existence. Je me faisais souvent insulter dans la rue, et cela m’a poussée à l’isolement », témoigne-t-elle.

L’isolement profond qu’elle endure

Magali Berdah évoque une anxiété omniprésente, qui pèse aussi sur ses proches. « Il m’est arrivé de penser qu’il serait mieux de disparaître pour ne plus éprouver cette angoisse, pour libérer ma famille », confie-t-elle. Son principal soutien reste son entourage, notamment son époux qui veille sur ses médicaments. « Vivre dans cet isolement est accablant, et il est difficile de trouver du réconfort », ajoute-t-elle.

« Beaucoup diront :  »Désactive tes réseaux sociaux ». Mais êtes-vous sérieux ? Pourquoi ne demandez-vous pas à Booba d’arrêter ses attaques ? Mon téléphone est vital pour mon travail », s’indigne-t-elle. Malgré ces incitations au retrait, elle reste attachée à son métier. « Je n’étais pas le profil de  »la bonne victime » », note-t-elle, en faisant référence au regard critique du public sur son parcours. En 2019, elle a été condamnée pour abus de faiblesse, une situation qu’elle a depuis régularisée. « J’ai assumé mes erreurs du passé, mais cela ne me définit pas aujourd’hui », insiste-t-elle.

La nécessité de porter plainte

Malgré tout, elle a trouvé du soutien parmi les enquêteurs. Au sein de l’Office central de lutte contre la haine en ligne (OCLCH), elle a rencontré des personnes déterminées à l’aider. « Sans l’appui du PNLH et de l’OCLCH, je ne serais pas ici aujourd’hui », confie-t-elle, reconnaissant leur rôle dans sa résistance. « Je me sens comme une combattante maintenant », ajoute-t-elle avec fierté.

Pour les victimes de cyberharcèlement, elle recommande de saisir la justice. « Un harceleur ne se contente jamais d’être inactif », met-elle en garde. Elle exhorte les plateformes à intensifier leur régulation des abus et invite la société à faire preuve d’empathie. Un simple message de soutien peut aider ces victimes marginalisées à se réinsérer et à briser leur isolement.

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