Seb : Vers un plan de restructuration audacieux pour 2025
Le 25 février, Seb a présenté aux syndicats un projet stratégique visant à « retrouver » une « trajectoire de croissance rentable ». Dans un contexte de concurrence accrue, notamment en provenance d’Asie, le directeur général Stanislas de Gramont souligne l’importance d’adapter la structure du groupe d’électroménager, qui comprend des marques telles que Moulinex, Tefal et Rowenta. Ce plan pourrait entraîner la suppression de jusqu’à 2 100 postes à l’échelle mondiale, dont 500 en France, et ce, sur une base volontaire.
En ce qui concerne la France, les activités de production ne seront pas impactées par ces réductions d’effectifs, et « aucun départ contraint » n’est prévu, a rassuré Stanislas de Gramont. Il a déclaré : « Notre principal objectif est de restaurer la rentabilité, car nous avons connu un contretemps en 2025 ». Effectivement, le chiffre d’affaires du groupe a enregistré une baisse de 1,2 %, atteignant 8,17 milliards d’euros, tandis que le bénéfice net a connu une hausse de 5,6 % pour s’établir à 245 millions d’euros. Bien que cette hausse soit encourageante, Seb a fait face à une amende significative de 190 millions d’euros en 2024, réduisant ainsi la perception positive de ses résultats de l’année suivante.
Le résultat opérationnel, sans tenir compte de cette sanction, a chuté de 25 %. Une grande partie de ce recul est attribuée aux difficultés rencontrées aux États-Unis ainsi qu’à un climat commercial perturbé par des droits de douane. « Au-delà de ces facteurs, nous observons une transformation majeure dans la relation marques-consommateurs. Les cycles d’innovation se rapides », a ajouté le dirigeant, qui ambitionne de « réduire de 30 % le délai de mise sur le marché » de ses nouvelles offres.
Concentration sur l’innovation et la relation client
Pour atteindre ces objectifs, Seb compte « rapprocher » ses équipes de recherche et développement des sites de production. Actuellement, environ 50 % de la production réalisée en Asie est issue de projets développés en France. Par ailleurs, le groupe entend « intensifier » ses interactions avec les consommateurs, en visant à « tripler » sa présence sur les réseaux sociaux. Cela inclut l’« intégration progressive de l’intelligence artificielle » dans ses stratégies marketing.
Impact sur l’Europe
En France, ce plan de restructuration ciblera principalement les « activités support », telles que la finance, les ressources humaines et la logistique. Cinq sites, dont ceux de Pont-Évêque, Mayenne et Rumilly, ainsi que le siège à Écully, sont potentiellement touchés. Stanislas de Gramont a également indiqué que l’« intelligence artificielle » jouerait un rôle dans cette rationalisation.
Suite à l’annonce de ces résultats encourageants et du plan d’économies, l’action de Seb a connu une hausse de 10,38 % à la Bourse de Paris, atteignant 56,35 euros. En Europe, jusqu’à 900 postes pourraient également être affectés, et des discussions avec les partenaires sociaux, notamment en Allemagne, devraient débuter concernant l’avenir de trois usines et de plusieurs points de vente.
Pour ce qui est de la suppression potentielle de 700 postes en dehors de l’Europe, le dirigeant a précisé qu’elle serait répartie équitablement, certaines régions comme l’Égypte, la Turquie ou le Brésil étant plus touchées.
Le groupe envisage une économie de 200 millions d’euros d’ici 2028, avec la réalisation intégrale des actions prévues au plus tard en 2027. « Nous prévoyons une augmentation de notre résultat opérationnel en 2026, dans l’espoir de renouer avec notre trajectoire historique en visant une croissance annuelle de 5 % des ventes et une marge opérationnelle de 10 % », a conclu Stanislas de Gramont, un objectif ambitieux comparé à la marge de 7,4 % enregistrée en 2025.