Mark Zuckerberg au Procès des Réseaux Sociaux aux États-Unis : Ce qu’il Faut Savoir

Mark Zuckerberg se présentera ce mercredi 18 février devant un tribunal à Los Angeles, un événement marquant dans l’examen de l’addiction aux réseaux sociaux. Il devra répondre aux avocats de la plaignante, qui soutient qu’Instagram et d’autres plateformes ont été conçues pour rendre les jeunes utilisateurs dépendants.

C’est une première pour le dirigeant de Meta (qui englobe Facebook, Instagram et WhatsApp), qui témoignera sous serment devant un jury concernant la sécurité de ses applications utilisées par des milliards de personnes. Un jury composé de douze membres devra décider d’ici la fin mars si YouTube (filiale de Google) et Instagram (Meta) portent une part de responsabilité dans les troubles de santé mentale rencontrés par Kaley G.M, une Californienne de 20 ans qui a été exposée aux réseaux sociaux dès son plus jeune âge.

Au-delà de cette affaire spécifique, le procès cherchera à établir si les entreprises comme Google et Meta ont intentionnellement conçu leurs plateformes pour encourager une consommation excessive, au détriment du bien-être psychologique des jeunes utilisateurs.

Un tournant décisif

Cet affaire, ainsi que deux autres similaires qui seront examinées à Los Angeles cet été, a été sélectionnée pour explorer les perspectives de gestion des nombreuses plaintes qui accusent les réseaux sociaux d’être au cœur d’une crise de santé mentale chez les jeunes, comme la dépression, l’anxiété, l’anorexie, et même les suicides.

« L’interrogatoire de Mark Zuckerberg est un moment que les familles à travers le pays attendaient avec impatience », a affirmé Matthew Bergman, avocat et fondateur du Social Media Victims Law Center. « Les documents internes révèlent que Meta était conscient des dangers que ses plateformes posent pour les jeunes, mais malgré tout, Zuckerberg et Meta ont poursuivi leur chemin », a-t-il dénoncé, représentant de nombreuses familles touchées.

Meta rejette fermement ces allégations, affirmant qu’elle est « confiant quant au fait que les preuves démontreront leur ancien engagement à soutenir les jeunes ». Elle met en avant l’installation d’outils de régulation et de contrôle parental. Les débats se concentrent principalement sur la conception des applications, les algorithmes et les fonctions personnalisées, car la législation américaine protège largement les plateformes de la responsabilité concernant le contenu des vidéos publiées.

TikTok et Snapchat, également sur le banc des accusés, ont choisi de conclure un accord de confidentialité avec Kaley G.M. avant le début du procès.

« Une dépendance sous-estimée »

Le 11 février, Adam Mosseri, le directeur d’Instagram, a été le premier dirigeant de la Silicon Valley à se présenter comme témoin et a contesté l’idée même d’addiction aux réseaux sociaux, préférant évoquer une « utilisation problématique », un terme souvent utilisé par Meta. « Il m’est arrivé de dire que j’étais accro à une série Netflix suivie tard dans la nuit, mais je ne dirais pas que c’est comparable à une réelle dépendance », a-t-il expliqué.

Dans l’audience, des mères de jeunes qui se sont suicidés ont exprimé leur frustration, ayant campé sous la pluie toute la nuit pour obtenir une place dans la salle. Lors de la session précédente, la psychiatre Anna Lembke a témoigné pour expliquer au jury comment les réseaux sociaux pourraient agir comme une sorte de « drogue d’entrée », influençant le cortex préfrontal des jeunes encore en développement vers des comportements addictifs.

Neal Mohan, le directeur de YouTube, est attendu pour témoigner le 19 février, mais les avocats de la plaignante ont reçu des nouvelles indiquant qu’ils pourraient finalement convoquer un de ses adjoints. Ces procédures à Los Angeles avancent en parallèle d’une action similaire, à l’échelle nationale, devant un juge fédéral à Oakland, en Californie, pouvant mener à un autre procès en 2026.

Ce mois-ci, Meta doit également faire face à des accusations au Nouveau-Mexique, où un procureur les accuse de privilégier leurs profits au détriment de la sécurité des mineurs face aux prédateurs sexuels.

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