Rappels de lait infantile : Danone élargit son alerte en Europe

Le 5 février, Danone a annoncé un élargissement de ses rappels de lait infantile, touchant non seulement la France, mais aussi plusieurs pays européens tels que la Pologne, l’Autriche, l’Allemagne, la Hongrie, la Roumanie et la Suisse. Cette décision, confirmée par le géant agroalimentaire et des autorités sanitaires, concerne des centaines de lots, dont plus de 120 en Autriche et en Allemagne (marques Aptamil et Milumil), ainsi qu’une quarantaine en France, où 19 références des laits Gallia et Blédilait figurent sur le site officiel Rappel Conso. Cette initiative fait suite à une mise à jour de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), qui a revu ses recommandations sur le seuil toléré de céréulide, une toxine responsable de troubles gastro-intestinaux tels que les diarrhées et vomissements.

La céréulide est produite par certaines souches bactériennes, et a été retrouvée dans une huile riche en acide arachidonique fournie par le fabricant chinois Cabio Biotech, partenaire de plusieurs grands noms de l’agroalimentaire. La direction générale de l’Alimentation (DGAL) en France a souligné qu’il fallait s’attendre à d’autres rappels en raison de ce nouveau seuil établi par l’Efsa, tout en écartant les risques de pénuries jugées « modestes par rapport aux volumes » produits. Depuis la mi-décembre, le rappel massif de laits infantiles par Nestlé dans plus de 60 pays a engendré une réaction en chaîne, provoquant des rappels similaires chez des leaders du marché tels que Danone et Lactalis, mais aussi chez des acteurs moins connus de ce secteur en pleine expansion.

Aucun lien direct établi pour l’instant

La taille des lots retirés varie selon les fabricants et les commandes, et les entreprises n’ont pas précisé le nombre exact d’unités commercialisées, qui auraient été disponibles dès le printemps 2025, tant en supermarchés qu’en pharmacies, sur Internet, ou encore dans des établissements médicaux et crèches. Des enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et Angers suite au décès de deux nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés, bien qu’aucun lien n’ait été établi à ce jour. En outre, cinq autres bébés ont été hospitalisés en France après avoir ingéré des laits infantiles concernés, mais heureusement, tous sont sortis de l’hôpital, les autorités sanitaires précisant qu’aucune corrélation n’a été trouvée avec la toxine.

Depuis la mi-janvier, Danone a entrepris plusieurs rappels successifs. Des lots avaient été arrêtés par les autorités de Singapour le 17 janvier, entraînant une forte chute de l’action du groupe français à la Bourse de Paris. Le 23 janvier, l’entreprise a élargi ses rappels, mentionnant des retraits « sur certains marchés ciblés et d’un nombre très limité de lots spécifiques”. Bien que la liste des pays concernés n’ait pas été précisée, il était signalé que deux lots étaient concernés en France, avec deux lots supplémentaires rappelés à Singapour selon les autorités locales. Danone a voulu rassurer les parents en affirmant que leurs formules infantiles respectent des normes de sécurité rigoureuses, accompagnées de contrôles stricts avant leur sortie des usines.

En parallèle, Foodwatch, une association de défense des consommateurs, a porté plainte auprès du parquet de Paris avec le soutien de huit familles, accusant les fabricants de lait infantile d’avoir tardé à retirer les lots suspectés, notant un délai de plus d’un mois entre la première détection de la toxine et l’annonce de l’élargissement des rappels.

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