Selon des révélations du Monde, le minéralier Bonneval Emergence a introduit des recours contre les décisions prises par les préfets du Gard et des Vosges à la fin de l’année 2025. Bonneval conteste que ces arrêtés permettent à Nestlé Waters d’utiliser des systèmes de filtration de désinfection prohibés par la législation en vigueur. L’entreprise souligne que ces mesures créent « une confusion pour le consommateur car elles ne distinguent plus entre une eau filtrée par des procédés industriels et une eau entièrement naturelle ».
Des documents consultés par l’AFP révèlent que Bonneval menace les préfectures de procéder à une action en justice administrative, « si un retrait des décisions n’est pas effectué dans les deux mois ».
Le scandale autour des eaux contaminées de Nestlé
Nestlé Waters fait face à une controverse majeure depuis qu’il a reconnu, en début d’année 2024, l’utilisation antérieure de traitements prohibés (charbon actif, UV) pour ses eaux minérales.
Depuis cette révélation, le groupe agroalimentaire, qui commercialise en France des eaux telles que Perrier, Vittel, Contrex et Hépar, a remplacé ces méthodes interdites par une microfiltration à 0,2 micron. Cependant, la légitimité de ce procédé a été remise en question, car la réglementation stipule que l’eau minérale naturelle ne peut subir de désinfection susceptible d’altérer ses caractéristiques, sauf pour éliminer du fer ou du manganèse jugés nuisibles. Bonneval dénonce le fait qu’« en validant, même sous certaines conditions, l’utilisation de cette microfiltration, les arrêtés préfectoraux autorisent la vente, sous l’étiquette « eau minérale naturelle », d’une eau traitée similaire à de l’eau du robinet, vendue jusqu’à 150 fois plus cher ».
Au mois d’octobre, Bonneval Emergence a porté plainte contre Nestlé Waters devant le tribunal de Nanterre pour pratiques déloyales, lui réclamant plus de 1,3 milliard d’euros (soit 1,6 milliard avec les intérêts) pour les dommages économiques encourus.
En réponse, Nestlé Waters a fait savoir à l’AFP qu’il « prend acte de cette assignation, que nous considérons totalement infondée » et qu’il entend défendre sa position « avec vigueur ».