Kering : Chute spectaculaire de 93 % de ses bénéfices dans le secteur du luxe

Depuis septembre, avec l’arrivée de Luca de Meo à la tête de Kering, le groupe de luxe entreprend une transformation majeure. Selon les propos de Luca de Meo dans un communiqué, « la performance projetée pour 2025 ne reflète pas notre potentiel véritable ». Ce dernier s’apprête à dévoiler une stratégie ambitieuse lors de notre journée dédiée aux marchés financiers le 16 avril, visant à redynamiser la croissance avec des marques redéfinies, une organisation optimisée et une discipline financière stricte.

Suite à l’annonce de la cession de sa branche Beauté à L’Oréal, prévue pour le premier semestre 2026, Kering a ajusté ses prévisions pour 2024 et 2025, excluant cette division. Pour 2025, le bénéfice net de Kering est estimé à 72 millions d’euros, tandis que ses ventes atteignent 14,67 milliards d’euros, légèrement en deçà des attentes des analystes, qui tablaient sur 14,8 milliards d’euros. La marge opérationnelle prévisionnelle se situe à 11,1 %, en baisse par rapport aux 14,9 % de 2024. Par ailleurs, le chiffre d’affaires du dernier trimestre 2024 a reculé de 9 %, atteignant 3,9 milliards d’euros.

La banque HSBC a mis en garde en octobre, déclarant que la « reconquête des parts de marché ne sera pas linéaire », notant que même si des changements ont été amorcés, leurs effets ne devraient pas se faire sentir avant la mi-février 2026.

Analyse des performances de Gucci

Les ventes de Gucci ont connu une chute significative de 22 % en 2025, s’établissant à 6 milliards d’euros. Cependant, le groupe mentionne une « amélioration séquentielle » récemment, avec des nouveautés ayant suscité un regain d’intérêt. Armelle Poulou, la directrice financière, a souligné lors d’un échange avec la presse que cette dynamique a été soutenue par des résultats encourageants sur les articles en cuir, notamment les sacs à main.

Luca de Meo, récemment nommé, a pour mission de remettre le groupe de luxe sur de bons rails. Il a déjà initié des changements significatifs, comme la nomination de Francesca Bellettini au poste de PDG de Gucci, apportant également une nouvelle direction artistique avec l’arrivée de Demna, anciennement chez Balenciaga, autre entité de Kering. Gucci, bien que représentant 41 % des ventes totales du groupe, peine à retrouver son élan.

Les ventes de Gucci ont presque été réduites de moitié entre 2022 et 2025, passant de plus de 10 milliards d’euros à 6 milliards d’euros, tandis que le bénéfice net de Kering a chuté de 3,6 milliards à 72 millions d’euros.

Collaboration entre Kering et L’Oréal : Les retombées

La cession de la division Beauté à L’Oréal pour 4 milliards d’euros a permis à Kering de réduire sa dette, qui s’élevait à 9,5 milliards d’euros au premier semestre 2025. Le groupe a également procédé à la vente de plusieurs biens immobiliers, dont un immeuble emblématique de la cinquième avenue à New York conclu pour 766 millions d’euros avec la société Ardian.

Pour diminuer sa dépendance vis-à-vis de Gucci, Kering mise sur sa marque Yves Saint Laurent et tire également parti de Bottega Veneta, qui continue de bien performer malgré le contexte difficile. En 2025, cette dernière a maintenu ses ventes à 1,7 milliard d’euros.

Le directeur général Bartolomeo Rongone quittera son poste à la fin mars pour rejoindre Moncler, laissant un futur successeur à désigner. Pendant ce temps, McQueen, une marque plus petite, a lancé une évaluation stratégique et envisage des réductions d’effectifs à son siège à Londres ainsi qu’en Italie. Contrairement à Bottega Veneta et Balenciaga, McQueen ne fait pas partie des marques de beauté cédées à L’Oréal, qui détient déjà les droits d’Yves Saint Laurent et pourrait viser Gucci.

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