Cyberharcèlement : Brigitte Macron vise 6 mois de prison pour les coupables

Une condamnation pour cyberharcèlement : la défense de Brigitte Macron

Les cyberharceleurs ciblant Brigitte Macron, accusés d’avoir diffusé des insultes et des rumeurs visant son genre et l’écart d’âge avec Emmanuel Macron, ont reçu des peines allant jusqu’à six mois de prison ferme, la majorité d’entre eux bénéficiant néanmoins de sursis. Le couple, dont l’histoire a commencé lors de rencontres dans le cadre scolaire, a décidé de s’attaquer juridiquement à la désinformation grandissante entourant leur relation, tant en France qu’aux États-Unis.

Huit des dix accusés ont été condamnés à des peines allant de quatre à huit mois avec sursis. Ils ont été reconnus coupables d’avoir « publié ou relayé » des propos « malveillants, dégradants et insultants » en lien avec la Première Dame et des allégations de « pédocriminalité ». Le président du tribunal, Thierry Donard, a exposé les détails des sentences lors des délibérations. L’un des prévenus, absent lors du procès médiatisé, a écopé d’une peine de six mois de prison ferme. Le dernier accusé a simplement reçu une sanction incluant un stage de sensibilisation et une amende, qu’il partagera avec ses co-prévenus.

Les cyberharceleurs jugés les plus influents sur les réseaux sociaux, qualifiés d’« instigateurs », ont été condamnés à des peines de sursis les plus sévères : huit mois pour l’écrivain Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, et six mois pour la médium Amandine Roy ainsi que le galeriste Bertrand Scholler. De plus, une interdiction d’accès à leurs comptes de réseaux sociaux leur a été imposée pendant six mois.

Une désinformation à l’échelle mondiale

« Le véritable enjeu réside dans les stages de prévention et la suspension des comptes », a commenté Me Jean Ennochi, l’avocat de Brigitte Macron, après le verdict. Tous les condamnés devront suivre un stage de sensibilisation sur le « respect des personnes dans l’espace numérique » à leurs frais et s’acquitter d’une amende solidaire de 10 000 euros.

Seuls deux des dix accusés, âgés de 41 à 65 ans et représentant différentes régions du pays, étaient présents lors des délibérations.

Bien que Brigitte Macron n’ait pas assisté à ce procès, elle avait précédemment partagé lors d’un dépôt de plainte en août 2024 que la rumeur la décrivant comme transgenre avait provoqué des répercussions significatives sur son entourage et sur elle-même, notamment en ce qui concerne ses petits-enfants, qui entendaient des insinuations troublantes. « Je me bats sans relâche. Je veux soutenir les adolescents face au harcèlement. Mais pour montrer l’exemple, je dois me battre », a-t-elle déclaré lors d’une apparition télévisée, affirmant résolument : « On ne touche pas à ma généalogie ».

Sa fille, Tiphaine Auzière, a également souligné pendant le procès l’impact néfaste de cette désinformation sur la santé de sa mère, qui se sentait constamment sur le qui-vive concernant les remises en question de son identité.

Les prévenus ont souvent exprimé leur étonnement face à leur obligation de justifier des publications qu’ils considéraient comme « satiriques », s’appuyant sur la liberté d’expression et le droit à l’information.

Des actions judiciaires aux États-Unis

Sur son compte maintenant suspendu, Zoé Sagan a qualifié les 24 ans entre Emmanuel et Brigitte Macron de « crime sexuel » et de « pédophilie cautionnée par l’État ». De son côté, Amandine Roy a réalisé une vidéo virale de quatre heures en 2021, maintenant retirée, où elle affirmait que Brigitte Macron n’existait pas et que son frère aurait usurpé son identité après un changement de sexe. Bien qu’elle ait été reconnue coupable de diffamation en première instance en septembre 2024, elle a été acquittée en appel le 10 juillet. Brigitte Macron, en collaboration avec son frère, a formé un pourvoi en cassation contre cette décision, expliquant que cette vidéo avait été un moteur dans la propagation des rumeurs.

Le journaliste Xavier Poussard, absent lors du procès, est également cité comme un instigateur clé de cette désinformation. Auteur du livre à succès Becoming Brigitte, il a collaboré avec l’influenceuse américaine Candace Owen, qui fait l’objet de poursuites de la part du couple présidentiel aux États-Unis pour avoir relayé ces allégations. Cette podcasteuse, dont les interventions ont massivement contribué au succès viral de la rumeur transphobe, a basé plusieurs de ses vidéos sur les écrits de Poussard. De plus, certains prévenus présents au procès avaient relayé des publications diffusant une couverture modifiée du magazine Time, présentant Brigitte Macron comme « homme de l’année ».

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