Cyberharcèlement : Maeva Ghennam obtient justice contre ses agresseurs

Le 7 octobre 2023, suite à l’attaque marquante du groupe islamiste palestinien Hamas, une influenceuse suivie par près de 4 millions d’abonnés sur TikTok, a publié une vidéo dans laquelle elle exprime son désaccord face à « ce qui s’est passé en Israël ».

Elle soulève une question cruciale : « Et qu’en est-il des pertes en Palestine ? », tout en insinuant qu’« Israël », qualifié d’« armée la plus puissante du monde », ne pouvait pas ignorer cette offensive. Originaire d’Algérie et résidant à Marseille, la jeune femme s’exprime avec une forte conviction.

Son téléphone a été inondé d’appels, atteignant parfois « jusqu’à 400 notifications par jour », rapporte son avocat, Me Ilyacine Maallaoui. Dans une plainte déposée le 6 novembre 2023, elle explique, à 28 ans et absente de son procès, qu’elle se trouve à Dubaï en raison d’un « litige civil ». Elle révèle aussi être « sous Xanax » et ressentir une inquiétude majeure pour sa sécurité personnelle.

Des répercussions judiciaires

Les 24 et 25 novembre dernier, six jeunes Français juifs, âgés de 20 à 25 ans, se sont retrouvés devant le tribunal correctionnel pour « harcèlement moral ». Un septième individu, âgé de 35 ans, a été acquitté, le parquet ayant reconnu une erreur.

Les jeunes prévenus, qui ne se connaissaient pas, ont obtenu le numéro de l’influenceuse via des groupes privés sur WhatsApp ou Telegram intitulés « Dôme de fer » ou « Israël Éternel ». Bien qu’ils aient admis avoir envoyé des messages, ils contestent les accusations de discrimination basées sur la race ou la religion.

En témoignant, Enzo B., 21 ans, a mentionné qu’il ne s’était pas exprimé dans un « esprit de débat » mais pour justifier ses émotions face à des amis perdus en raison du conflit.

La présidente de la 10e chambre du tribunal a rappelé que « la haine n’est pas la réponse à l’agressivité » et a dénoncé les effets néfastes des réseaux sociaux, qualifiant cette situation d’« effet mortifère ».

Un environnement instable

Les jeunes prévenus ont montré une réaction accrue, exacerbée par le « caractère instantané et incontrôlable » des médias numériques. Bien qu’ils n’aient pas d’antécédents judiciaires et aient exprimé des remords lors de leur audience, le tribunal a ordonné qu’ils suivent un stage de sensibilisation à la haine en ligne, à leurs frais. De plus, ils devront payer une amende collective de 9 000 euros.

Durant les débats, des échanges ont parfois pris une tournure inattendue, certains termes employés, comme « mangeuse de caca », étant perçus non pas comme des insultes, mais plutôt comme des tendances empruntées au milieu des influenceurs à Dubaï, d’après Ava N., une esthéticienne de 25 ans.

En réponse à cette escalade, Maeva Ghennam avait partagé son numéro, conduisant la jeune femme à le changer. Elle a déclaré avoir « ressenti de la peur », se retrouvant elle-même victime de cyberharcèlement.

À l’issue des délibérations, l’avocate de Thomas H., Léa Fiorentino, a souligné que « les sanctions étaient conçues pour dissuader, mais se révèlent sévères compte tenu de la personnalité de Maeva Ghennam et du contexte entourant les faits ».

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