Lors d’une récente intervention sur CNews, la ministre de la Culture, Rachida Dati, a catégoriquement nié toute intention de créer un « label d’État pour les médias ». Répondant aux critiques émanant du groupe Bolloré, elle a déclaré : « Le président de la République n’a jamais exprimé le souhait que l’État labellise les médias ». Mme Dati, qui occupe également le portefeuille de la presse, a souligné que ces affirmations étaient sans fondement.
Ce matin, Emmanuel Macron lui-même avait déjà rejeté les allégations relatives à un « label d’État » pour la presse ou à un hypothétique « ministère de la Vérité », en réponse aux accusations formulées par certains médias proches de Vincent Bolloré, ainsi que par des représentants de droite et d’extrême droite.
Une analyse sur les dangers des réseaux sociaux
Depuis la fin octobre, le président s’engage dans une réflexion approfondie sur les dangers que représentent, selon lui, les réseaux sociaux pour la démocratie. Au fil de diverses rencontres, il esquisse des stratégies de régulation qu’il prévoit de concrétiser par des « mesures spécifiques » dès 2026. Parmi ses idées, figurent l’instauration d’une majorité numérique à 15 ans, la transparence des algorithmes, ainsi que des actions juridiques rapides pour contrer la désinformation sur ces plateformes. Ce processus de réflexion s’était jusqu’à présent déroulé sans faire de vagues.
Accusations de dérive autoritaire
La polémique a pris de l’ampleur ce week-end, suite à un article du Journal du Dimanche, qui accusait Emmanuel Macron d’une « dérive totalitaire » en lien avec une proposition de « labellisation par des professionnels » pour lutter contre la désinformation. Le présentateur de CNews, Pascal Praud, a, pour sa part, critiqué la « tendance autoritaire » d’un président mécontent du traitement médiatique et désireux d’imposer une narration unique. Il a même suggéré que ce nouvel organe de communication pourrait s’appeler « Pravda », en référence au journal officiel de l’ex-Union soviétique.
Rachida Dati a de nouveau précisé que cette idée de label ne provenait pas du président, mais des États généraux de la communication, qui, en 2024, avaient encouragé les « professionnels de l’information » à explorer cette démarche. « C’est une initiative des États généraux, pas une directive du président… Je précise simplement le contexte », a-t-elle noté. Elle a ajouté que cette labellisation serait fondée sur le volontariat : « C’est à votre profession de décider, et nous, en tant que gouvernement, ne jouerons pas le rôle d’arbitre dans cette affaire », a-t-elle affirmé devant les journalistes de CNews.