«L’Arcom souligne la minorité des femmes politiques dans les médias audiovisuels»

« La représentation féminine en politique mérite d’être amplifiée » : c’est ce qu’a déclaré Martin Ajdari, président de l’Arcom, dans une interview accordée à La Tribune Dimanche. Il met en lumière un fait préoccupant : seulement 25 % des figures politiques visibles dans les médias audiovisuels sont des femmes.

« Le constat de l’Arcom pendant cette période électorale est clair : les femmes politiques sont toujours sous-représentées dans les médias, même si leur présence grandit dans le paysage politique », a expliqué Martin Ajdari, à la tête de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique. « En 2024-2025, le pourcentage de femmes dans les médias audiovisuels reste figé à 25 %, identique à celui de 2023. Pendant cette même période, seules deux femmes se sont hissées parmi les 15 personnalités politiques ayant eu le plus de temps de parole », a-t-il signalé dans une tribune diffusée le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

« La situation est tout aussi décevante lors des élections : bien que les listes soient paritaires aux élections européennes, les femmes n’ont eu droit qu’à 44 % du temps de parole. Pour les élections législatives de 2024, nous avons observé 35 % de temps de parole pour 41 % de candidates », a-t-il précisé.

Vers une parité accrue à la télévision, à la radio et sur les réseaux sociaux

Ces disparités provoquent un besoin urgent de mobilisation collective, sans stigmatiser uniquement les chaînes de télévision et de radio, qui s’efforcent de féminiser leurs plateaux, a ajouté Martin Ajdari.

L’aspiration à la parité se présente également comme un défi sur les réseaux sociaux, où beaucoup de citoyens se renseignent, a-t-il souligné.

D’après ses observations, 70 % des commentaires désobligeants à l’encontre des personnalités politiques ciblent des femmes. De plus, les femmes politiques subissent entre deux et trois fois plus d’attaques personnelles que leurs homologues masculins. Ces informations proviennent d’une première étude de l’Arcom, qui analyse les discours sexistes sur deux grandes plateformes sociales, étudiant près de 20 000 publications et révélant ainsi « un sexisme varié et souvent violent, amplifiant des discriminations plus larges ».

Laisser un commentaire