La Commission européenne est sous pression. Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, a insisté le 6 novembre sur la nécessité d’agir contre Shein, une plateforme de vente en ligne, en affirmant qu’elle enfreint manifestement les réglementations européennes. « Cela fait maintenant trois ans que ces règles existent, et il est temps que des mesures soient prises », a-t-il déclaré sur France Info. Il a également mentionné que la Commission avait initié des enquêtes, mais qu’il était crucial qu’elles débouchent sur des sanctions.
Cette déclaration intervient alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé, le 5 novembre, le lancement d’une procédure visant à « suspendre » temporairement Shein en France. Cette décision intervient dans un contexte marqué par des controverses, notamment l’ouverture d’une enquête judiciaire due à la vente de poupées sexuelles à l’apparence enfantine et le nouvel approvisionnement de la plateforme en produits controversés, comme le poing américain.
« Suite aux directives du Premier ministre, le gouvernement met en place une suspension de Shein pour permettre à la plateforme de prouver sa conformité avec nos législations », a précisé le bureau du Premier ministre. Ce même jour, Antoine Vermorel-Marques, député LR, a alerté sur la découverte d’articles illégaux sur la plateforme, notamment des armes de catégorie A.
« Risques pour l’ordre public »
Le gouvernement agit sur deux fronts simultanément. Roland Lescure, ministre de l’Économie, et Serge Papin, en charge des PME et du commerce, ont formellement demandé à Shein de retirer ces articles dangereux. En parallèle, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a saisi la justice pour solliciter le blocage de la plateforme, estimant que cela était nécessaire pour « mettre un terme aux atteintes sérieuses à l’ordre public provoquées par les manquements de Shein », selon le ministère de l’Économie.
Anne Le Henanff, ministre déléguée en charge de l’intelligence artificielle et du numérique, a saisi la Commission européenne afin qu’elle effectue une enquête sur les pratiques de Shein, en vue de garantir la sécurité des consommateurs.
Un échange avec Bruxelles prévu
Anne Le Henanff va rencontrer le 6 novembre Henna Virkkunen, la commissaire européenne responsable du numérique, pour discuter de la situation entourant Shein. Cette visioconférence, qui se tiendra dans l’après-midi, fait partie des efforts du gouvernement français pour obtenir des réponses claires sur les nombreux dysfonctionnements constatés au sein de la plateforme.