À partir de ce lundi 16 février, New Delhi, capitale de l’Inde, accueille un sommet rassemblant 20 dirigeants mondiaux. L’objectif de cette rencontre est de discuter de l’impact de la révolution technologique actuelle et des moyens de l’atténuer. Passons en revue les enjeux majeurs qui seront débattus jusqu’au vendredi 20 février, en présence de milliers de participants.
Inquiétudes autour de l’emploi
L’émergence de l’intelligence artificielle générative soulève des inquiétudes quant à sa capacité à bouleverser l’économie moderne. Des secteurs allant de la programmation logicielle à la création artistique, et touchant même le milieu industriel et juridique, pourraient être affectés. Reconnue pour ses services informatiques et logistiques, l’Inde est particulièrement vulnérable. Les avancées impressionnantes des outils d’IA ont récemment entraîné une chute des valeurs boursières des entreprises phares. Les organisateurs du sommet à Delhi soulignent que « l’automatisation et les systèmes intelligents commencent à remplacer les tâches répétitives, modifiant ainsi le paysage de l’emploi traditionnel ». Ils préviennent : « Si ces changements favorisent l’efficacité et l’innovation, ils pourraient également mettre en péril une partie significative de la main-d’œuvre actuelle ».
Les dangers des robots
Ce sommet représente le quatrième d’une série entamée en 2023 sous le titre de « Sommet sur l’IA et la sécurité ». La lutte contre les risques que l’IA pose à la vie quotidienne demeure une priorité. Aux États-Unis, certaines familles de victimes de suicides, liés à l’utilisation d’outils d’IA, ont désigné ChatGPT et OpenAI comme co-responsables. L’entreprise a réaffirmé son engagement à réduire ces risques.
De plus, la société X d’Elon Musk a été au cœur d’un scandale mondial en raison des contenus inappropriés diffusés par son assistant Grok. Les préoccupations autour de l’IA passent aussi par la violation des droits d’auteur et son rôle croissant dans les fraudes en ligne.
Consommation énergétique croissante
Les géants technologiques ont investi des milliards pour développer des centres de données toujours plus vastes et énergivores. D’après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la consommation électrique de ces infrastructures devrait doubler d’ici 2030, représentant déjà 1,5 % de la consommation mondiale en 2024.
Cette demande énergétique pourrait freiner la transition vers les énergies renouvelables et nuire aux objectifs de réduction des émissions. En particulier, en Inde, où deux tiers de l’électricité proviennent encore de centrales à charbon polluantes. L’énorme besoin en énergie des systèmes d’IA pourrait nuire à l’approvisionnement des populations dans les régions les plus chaudes du globe.
Initiatives de régulation
En janvier, la Corée du Sud a adopté des lois exigeant des entreprises qu’elles divulguent leur utilisation de l’IA. D’autres pays suivent cette tendance, bien que le vice-président américain, JD Vance, ait exprimé des réserves sur le risque d’une « régulation excessive » qui pourrait freiner l’innovation.
L’Union européenne a également pris des mesures, autorisant l’interdiction de certaines technologies d’IA jugées « à risque inacceptable » pour la société, notamment en ce qui concerne la surveillance en temps réel.
« Nous sommes en danger »
Parmi les préoccupations émergentes, des craintes existent autour de la création de machines dont les capacités cognitives pourraient égaler, voire surpasser celles des humains. Comme le célèbre HAL 9000 du film « 2001, l’Odyssée de l’espace », ces envisagements suscitent des angoisses.
Récemment, plusieurs chercheurs d’OpenAI et de son concurrent Anthropic ont quitté leurs postes, dénonçant les implications éthiques de leurs travaux. Eliezer Yudkowsky, dans son livre « Si tout le monde construit cela, nous sommes tous en danger », compare le potentiel destructeur de l’IA à celui des armes nucléaires.