Shein: Succès au BHV avec Plus de 50 000 Visiteurs Malgré la Suspension!

Les autorités françaises ont accordé à Shein, la plateforme asiatique de commerce en ligne, un délai de 48 heures pour se conformer à la législation, suite à la découverte sur son site de poupées sexuelles ayant une apparence d’enfants et d’armes de catégorie A. Dans un communiqué diffusé le vendredi 7 novembre, le gouvernement a annoncé avoir « réussi à faire retirer tous les produits illégaux de la plateforme Shein ».

Cette action a été rendue possible par la décision de Shein de suspendre sa « marketplace » où figuraient des articles de vendeurs tiers. La Répression des fraudes a confirmé qu’« il n’y a plus de produit illégal (objets de nature pédopornographique, armes, médicaments, etc.) en vente sur le site », ce qui représente, selon le gouvernement, une « victoire essentielle » pour les consommateurs et le respect de l’ordre public.

Cependant, les défis pour Shein ne sont pas terminés. Un nouveau point d’avancement est attendu cette semaine suite à une demande du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a indiqué sur X que « les procédures judiciaires se poursuivent afin d’obtenir la suspension de la plateforme ».

De plus, le ministère de l’Intérieur a saisi le tribunal judiciaire de Paris pour « mettre un terme aux atteintes graves à l’ordre public causées par les manquements répétés de Shein », a précisé le gouvernement.

« Un panier moyen de 45 euros »

En parallèle, le magasin Shein situé au BHV Paris, inauguré le 5 novembre, a connu un vif succès avec « plus de 50 000 visiteurs », a déclaré Frédéric Merlin, directeur de la Société des grands magasins (SGM) qui gère le BHV, dans un message sur Instagram daté du 9 novembre.

Il a également mentionné un « panier moyen de 45 euros » pour les clients, tout en précisant qu’« environ 15 % d’entre eux ont continué leurs emplettes dans les autres départements » du grand magasin. Merlin a exprimé ses intentions d’« élargir l’offre de la capsule [Shein] avec des vêtements pour hommes, un espace pour enfants, une sélection plus ample de robes, ainsi que des basiques adaptés à tous les styles ».

Fondée en 2012 en Chine et maintenant basée à Singapour, Shein a ouvert son premier magasin physique à Paris, juste en face de l’Hôtel de Ville.

« Nouvelles enquêtes »

Le parquet de Paris a révélé avoir mandaté quatre enquêtes par l’Office des mineurs (Ofmin) concernant plusieurs plateformes, dont Shein, AliExpress, Temu et Wish. Ces enquêtes portent sur la « diffusion de contenus violents, pornographiques, ou préjudiciables à la dignité accessibles aux mineurs », ainsi que, pour Shein et AliExpress, sur la « représentation d’un mineur à caractère pornographique ».

Quentin Ruffat, porte-parole de Shein en France, a réagi par l’intermédiaire de l’AFP en affirmant : « Nous prenons en considération la décision du gouvernement aujourd’hui ». Il a ajouté que « Shein continue de dialoguer avec les autorités françaises afin d’adresser les préoccupations soulevées et de démontrer les mesures mises en œuvre pour s’améliorer ».

Le gouvernement a également noté que des produits illégaux étaient disponibles sur d’autres plateformes non spécifiées et a l’intention de « déclencher de nouvelles actions à leur encontre dans les prochains jours ».

Certaines recherches menées par l’équipe d’investigation numérique de l’AFP montrent qu’un acheteur en France peut encore acquérir facilement une poupée sexuelle d’apparence enfantine sur Internet, sans nécessiter le darkweb. En cherchant un modèle précédemment proposé par Shein, on atterrit sur un site chinois.

Shein tente de changer son image. « Le Shein d’aujourd’hui est très différent de celui de mercredi », a reconnu le ministre du Commerce, Serge Papin, lors d’une déclaration vendredi.

Ouvertures de magasins

Lors d’un contrôle des colis Shein à l’aéroport Roissy-CDG, des produits « non conformes » et même « destinés à un trafic illicite » ont été découverts, a rapporté le ministre. Papin a par ailleurs décliné la possibilité d’une rencontre avec Donald Tang, le dirigeant de Shein, qui s’était engagé par écrit à « respecter toutes les législations françaises » et avait proposé de se rencontrer.

La France a également interpellé la Commission européenne afin de prendre des sanctions contre Shein. La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, a discuté jeudi avec la vice-présidente de la Commission en charge du numérique, Henna Virkkunen, qui a jugé l’affaire des poupées pédopornographiques « extrêmement sérieuse et qui nécessitera des actions ».

Enfin, le ministre du Commerce extérieur, Nicolas Forissier, a affirmé à Shanghai que la France a exprimé à la Chine, d’où Shein importe majoritairement ses produits, que la vente de ces poupées était « inacceptable ».

Dans cette dynamique, Shein s’apprête à établir ses premiers magasins permanents en France. Après l’ouverture au BHV à Paris, des magasins sont prévus à Dijon et Reims le 18 novembre, puis à Grenoble le 21 novembre, et à Angers et Limoges début décembre, selon la Société des grands magasins (SGM).

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