Capgemini sous le feu des critiques pour son contrat avec l’ICE

Le début de l’année se présente mal pour Capgemini, le géant de l’informatique. Après l’annonce d’une réduction de son personnel en France, avec jusqu’à 2 400 postes concernés, des révélations concernant un contrat controversé avec la police de l’immigration américaine (ICE) alimentent les tensions. D’après des rapports de l’association L’Observatoire des multinationales, relayés sur France 2, Capgemini a fourni à l’ICE un outil permettant d’identifier et de localiser des individus étrangers.

Ces informations ont provoqué une riposte du gouvernement français. Roland Lescure, lors d’une séance à l’Assemblée nationale, a exhorté Capgemini à clarifier ses activités : « Je les invite à établir une transparence totale concernant leurs opérations et leur politique », a-t-il déclaré en réponse à une question d’un député.

Le contrat controversé entre Capgemini et l’ICE

Aiman Ezzat, le PDG de Capgemini, a révélé sur LinkedIn qu’il avait pris connaissance de la signature d’un contrat avec l’ICE en décembre, « par des sources publiques ». Selon lui, la structure de la filiale américaine, soumise aux réglementations locales, assure une séparation rigoureuse avec le siège de l’entreprise. « Cette entité agit de manière autonome et n’informe pas le groupe Capgemini sur les contrats classifiés », a-t-il ajouté.

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À l’Assemblée, Roland Lescure a déclaré avoir pris contact avec la direction de Capgemini à ce sujet. « Je leur ai fait part de notre insatisfaction concernant cette explication. Une entreprise doit être au courant de ce qui se passe au sein de ses filiales », a-t-il précisé.

Ce dernier a également évoqué le fait que la filiale avait « initié un examen détaillé des termes et de la portée de ce contrat ».

Un dilemme éthique ?

De leur côté, les représentants du syndicat CGT de Capgemini ont exigé « l’arrêt immédiat et public de toute collaboration avec l’ICE ». Selon leur lettre à Aiman Ezzat, « Ces partenariats vont à l’encontre des principes revendiqués par Capgemini et en font un complice d’importantes violations des droits humains ».

Le syndicat CFDT, quant à lui, a souligné une incohérence. « Pourquoi imposer une formation éthique à tous les employés, allant jusqu’à sanctionner ceux qui ne s’y conforment pas, alors que l’entreprise ne respecte pas ces mêmes valeurs ? », s’est-il questionné dans un communiqué.

L’ICE, par ailleurs, a récemment été critiquée pour son implication dans la mort de deux témoignages d’opérations policières à Minneapolis, des événements qui soulèvent des préoccupations quant à ses méthodes d’intervention.

Hier, des députés de La France insoumise (LFI) ont également annoncé le dépôt d’une résolution visant à dénoncer l’ICE, demandant au gouvernement de « réagir face aux violations des droits humains », de réclamer une « enquête internationale », et de restreindre l’accès au territoire européen pour ses responsables.

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